Le Soudan reste confronté à une crise existentielle résultant de la guerre menée par la milice rebelle (anciennement Forces de soutien rapide), en violation flagrante de toutes les lois et normes internationales, ce qui a entraîné une catastrophe humanitaire sans précédent et déstabilisé la région et le monde entier. C’est pourquoi, et en application de la feuille de route déposée auprès du Conseil et en complément de l’initiative de paix américano-saoudienne, une initiative de paix du gouvernement soudanais a été présentée devant le Conseil de sécurité des Nations Unies le 22 décembre dernier.
A noter que ladite initiative traduit la vision du gouvernement civil de transition soudanais de l’espoir pour mettre fin à cette agression armée de la milice et de ses soutiens, protéger les civils, mettre un terme à l’effusion de sang, mettre fin aux souffrances de notre peuple, préserver l’unité et le territoire de notre pays, et maintenir la sécurité et la paix internationales.
Les étapes fondamentales pour la paix
Il a été proposé la proclamation d’un cessez-le-feu global sous la supervision conjointe des Nations unies, de l’Union africaine et de la Ligue des États arabes, lequel cessez-le-feu devrait coïncider avec le retrait des milices rebelles de toutes les zones qu’elles occupent, conformément à la déclaration de principes signée à Djeddah le 11 mai 2023.
Le regroupement des combattants des milices rebelles dans des camps spécifiques.
Après le cessez-le-feu, le gouvernement soudanais préconise le retrait des combattants des milices et leur regroupement dans des camps convenus, sous supervision conjointe (ONU, UA et Ligue arabe). En outre, l’enregistrement et le tri des combattants des milices rebelles et la collecte de leurs données personnelles (biométriques) entrent en droite ligne dans l’effort de paix au Soudan.
Les personnes déplacées, les réfugiés et l’aide humanitaire
Il faudra aussi faciliter et sécuriser le retour des personnes déplacées dans leurs régions d’origine. Faciliter également et sécuriser le retour volontaire des réfugiés. Ainsi que l’acheminement de l’aide humanitaire aux personnes qui en ont besoin, dans toutes les zones touchées par la guerre.
Le désarmement des milices rebelles
Le plan d’actions pour la paix au Soudan inclut la mise en œuvre d’un désarmement complet sous contrôle international convenu, avec des garanties contre la remise en circulation des armes.
Les mesures d’instauration de la confiance
Le gouvernement civil soudanais de transition, sur la base de la résolution 2736 du Conseil de sécurité de l’ONU, et en adoptant la propriété nationale pour la consolidation de la paix, prendra plusieurs mesures pour instaurer la confiance et garantir la réponse à l’initiative du gouvernement soudanais pour la paix, qui comprend des aspects politiques, économiques, sécuritaires et sociaux, à savoir. Notamment, des mesures politiques.
Il s’agit d’entreprendre des poursuites judiciaires dans le domaine du droit public et adopter des politiques relatives à la responsabilisation des membres des milices qui ne sont pas impliqués dans des crimes de guerre, des génocides, des violations des droits de l’homme ou d’autres crimes condamnés par le droit international, qu’ils soient militaires ou civils, et traduire les auteurs de ces crimes devant des juridictions transitionnelles. Ne pas priver à un quelconque citoyen soudanais la possibilité d’obtenir des documents d’identité, d’examiner les plaintes enregistrées et de régulariser la situation de tous ceux qui souhaitent retourner dans le pays afin de créer un climat propice au dialogue entre Soudanais.
Les mesures de sécurité à adopter
Premièrement, il faudra intégrer les personnes répondant aux critères définis par l’État dans les forces régulières du gouvernement soudanais. Deuxièmement, mettre en œuvre des programmes de désarmement, de démobilisation et de réintégration pour les personnes remplissant les conditions requises, de façon à leur permettre de retourner à la vie civile. Et enfin, soutenir le processus de la réintégration par le biais de programmes internationaux et régionaux visant à réhabiliter les anciens combattants et à faciliter leur intégration dans la société.
Les mesures économiques et la réparation des dommages
Soutenir les projets de développement dans les États du Darfour et du Kordofan, ainsi que dans les autres États touchés, en allouant des ressources supplémentaires provenant du gouvernement et de la communauté internationale, en plus des projets de reconstruction. Mais aussi, créer des projets économiques en mettant en place des fonds de micro financement afin d’améliorer le niveau de vie des populations dans les zones touchées par la guerre.
Il faudra également offrir des opportunités d’emploi et des programmes de formation civile pour réhabiliter les anciens combattants et faciliter leur intégration dans le marché du travail, tout en impliquant les membres de la milice non condamnés dans la mise en œuvre desdits projets.
Les mesures sociales
Dans ce cas, l’implication des membres des milices (non impliqués dans des crimes) et les entités civiles qui les soutiennent dans des initiatives de paix communautaire, est indiquée. Mieux, cela leur offre la possibilité de contribuer à des programmes de réconciliation communautaire et de réparation des dommages, afin de renforcer la confiance des communautés locales à l’égard des anciens membres des milices.
Dans le même sillage, il faudra associer les anciens membres des milices non impliqués dans des projets éducatifs et sanitaires en soutenant les écoles et les hôpitaux dans les zones touchées par la guerre, et les intégrer dans la solution communautaire.
Conférences de réconciliation et de paix communautaire
Le plan d’actions pour la paix intègre aussi l’organisation de conférences internationales et locales pour rétablir la paix communautaire, la réconciliation et la guérison nationale, en coopération avec les Nations unies, les organisations internationales et régionales, les donateurs et les pays frères et amis, de façon à panser les séquelles de la guerre, de réparer le tissu social et de créer un environnement communautaire sain.
Le processus politique
La tenue d’un dialogue soudano-soudanais pendant la période de transition, dialogue au cours duquel les forces politiques s’accorderont sur la manière de gérer l’État et de gouverner le pays. Ce dialogue sera suivi de la tenue d’élections libres et équitables, sous surveillance internationale, afin de mener à bien la transition démocratique globale.



