Soudan/Accueil du chef de la milice du Soutien Rapide à Kampala: « Que transporte Hemetti chez Yoweri Museveni ? (Contribution)

LaRedaction
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Il existe une règle générale en psychologie militaire : « Le militaire fragile qui cherche un endroit où se tenir sera souvent quelqu’un qui craint le sol, car il sait que le sol exige un poids. Il n’est pas fragile parce qu’il est faible, mais parce qu’il est vide ». La récente visite du chef de la milice du Soutien Rapide, multi-national, à Kampala intervient en réponse aux sanctions imposées récemment par Washington à certaines de ses directions. C’est un message de réassurance que Hemetti souhaite adresser pour apaiser les craintes de “Tasis”, qui, chaque fois qu’elle recule, entrevoit la fin du tunnel tout en percevant la claque de la conscience. « Je ne dis pas que cette visite constitue un message de « défi » face à ces sanctions : Hemetti sait mieux que quiconque qu’il est trop limité pour comprendre le concept de défi, encore moins pour l’assumer ».

 

 

 

Khartoum sait depuis l’époque de l’ancien président Omar al-Bashir que Kampala n’a jamais été un allié ni un médiateur pour résoudre les crises politiques dans sa région. L’accueil du chef de la milice du Soutien Rapide à Kampala était donc prévisible et n’est pas inédit. Le président ougandais Yoweri Museveni l’avait déjà reçu en février 2024 lors d’une tournée incluant Addis-Abeba, Nairobi et Kampala. Il n’est donc pas surprenant que de telles rencontres se succèdent dans plusieurs capitales africaines à l’avenir. On peut s’attendre bientôt au lancement de la saison des « festivals de quête de légitimité » orchestrée par la direction de la milice du Soutien Rapide dans certains pays, avec l’apparition possible de voix favorables. Il ne serait pas surprenant que certaines capitales africaines reconnaissent le gouvernement de la milice « Tasis », mais seulement après avoir obtenu des garanties réelles assurant que le prix payé pour reconnaître un État parallèle à l’autorité nationale soudanaise les protégera des conséquences. Cela entrera en conflit avec les ambitions internationales visant à imposer leur vision pour l’Afrique à travers ce que certaines académies françaises appellent « Les entités de l’ombre ». Kampala estime cependant que Khartoum traverse aujourd’hui sa pire période à cause de la tentative d’imposer un État parallèle avec un soutien international et régional. Si la guerre avec la milice du Soutien Rapide se poursuit, elle pourrait s’impliquer « négativement », car certaines directions politiques, sécuritaires et de renseignement ougandaises connaissent le coût d’une détérioration des relations avec Khartoum. Il est inutile de revenir sur l’histoire : Museveni sait seul la capacité de Khartoum à faire échouer toutes les initiatives futures de Kampala dans la région des Grands Lacs, comme cela a été le cas dans les années 1990, lorsque Khartoum traversait également « sa pire période ».

Les obstacles à « Tasis » sont visibles même pour les dirigeants africains proches de la milice, et ils menacent sa pérennité à moyen et long terme, notamment :

🛑 Le manque de connaissance des hauts dirigeants de la milice du Soutien Rapide concernant les stratégies de sécurité et de renseignement dans l’imaginaire occidental, surtout en Afrique, mises à jour fin 2024.

🛑 La conviction de toutes les composantes civiles intégrées au gouvernement de la milice « Tasis » que leur rôle est « temporaire », destiné à légitimer une autorité absente et à tracer les contours de la phase actuelle et suivante. La différence avec un gouvernement civil issu d’une volonté populaire réelle est abyssale.

🛑 Le gouvernement de la milice du Soutien Rapide ne tire pas sa légitimité de l’intérieur du Soudan. Cela le montre devant ses membres et la communauté internationale comme une entité temporaire, qui vit des circonstances plutôt que d’idées. Ainsi que l’affirment certaines académies françaises: «La vibration qui semble apparente sur le gouvernement du Soutien Rapide “Tasis” n’est pas un mouvement, mais une absence de centre »

🛑 La distinction entre l’alliance « Samoud » et l’alliance « Tasis » n’a plus de sens : les deux convergent dans l’essentiel et partagent les mêmes objectifs. Les accords locaux et régionaux n’ont pas été imposés par les circonstances, mais par une vision préétablie après l’ère Bashir, offrant un terrain propice à la confrontation des intérêts adverses et à l’entrave du futur d’une nation.

❇️ La reconnaissance d’un gouvernement parallèle au Soudan n’est pas susceptible de recevoir un large soutien à travers le continent africain, surtout à court et moyen terme. Chaque État africain cherche à s’éloigner de ce chaos artificiellement imposé, conscient qu’il pourrait être le suivant face à la montée des groupes armés illégaux menaçant la souveraineté nationale ou que son territoire devienne une base pour un gouvernement de milices structuré à l’étranger.

❇️ On s’attend à ce que la direction du gouvernement de la milice du Soutien Rapide « Tasis » intensifie sa présence internationale, consolide les signes de l’État et multiplie les efforts politiques, militaires et sécuritaires pour convaincre la communauté régionale et internationale de sa légitimité.

 

Dr. Amina Al-Araimi
chercheuse émiratie spécialisée dans les affaires africaines

 

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