Après les retentissantes affaires Pierre Robert, Pape cheikh Diallo, Djiby Dramé et Ouzin Keïta, la Division des Investigations Criminelles (DIC) vient de mettre à nu un réseau tentaculaire mêlant pédocriminalité, prostitution masculine et mise en danger de la vie d’autrui. Au cœur du scandale, un mineur de 17 ans, « vendu » depuis 2024 à une clientèle de prédateurs fortunés.
L’onde de choc secoue actuellement les hautes sphères de Dakar. Ce qui semblait être un signalement familial banal au commissariat de Ndamatou (Touba) s’est transformé en une enquête majeure sur un réseau criminel structuré. Les chefs d’accusation donnent le tournis : association de malfaiteurs, actes contre nature, viol sur mineur, pédocriminalité et transmission volontaire du VIH/Sida.
Le téléphone de la discorde
Selon libération qui file l’info, tout bascule lors des dernières festivités de la Korité. M. B. Ndao, un père de famille vigilant, remarque un changement radical chez son fils, S. Ndao, âgé de 17 ans. Le jeune homme, qui réside chez un parent à Thiaroye-Gare, présente une attitude qu’il juge « excessivement efféminée ». Inquiet, le père décide de fouiller le téléphone portable de l’adolescent.
La découverte est foudroyante. Des messages explicites et des vidéos ne laissent aucune place au doute : son fils entretient des rapports sexuels tarifés avec de nombreux hommes. Conduit devant les enquêteurs, le jeune S. Ndao passe aux aveux et livre une lecture glaçante de sa descente aux enfers.
De l’adolescent à « l’ojet sexuel »
Selon ses déclarations, tout commence en 2024. Il est abordé dans un hôtel dakarois par M. Diop, un entrepreneur de 44 ans. Ce dernier, agissant comme un véritable « agent » de l’ombre, lui promet de le « placer » auprès d’homosexuels fortunés en quête de discrétion.
Progressivement, le mineur est transformé en objet de plaisir pour une clientèle d’élite. Les tarifs oscillent entre 70 000 et 250 000 FCFA par passe. Mais derrière l’argent facile se cache une réalité sanitaire tragique : l’enquête évoque une transmission volontaire du VIH, transformant ce réseau en un véritable foyer de mise en danger de la vie d’autrui.
Des têtes tombent
La DIC n’a pas tardé à frapper. Cinq arrestations ont déjà été opérées, dont l’entrepreneur M. Diop à Thiès, et A. Diallo, un commerçant de 22 ans habitant Thiaroye. Tous sont passés aux aveux avant d’être déférés devant le parquet de Pikine-Guédiawaye.
L’affaire prend une tournure encore plus explosive avec la découverte de « sex tapes » impliquant Saliou Mbaye, dit « Zale », déjà sous les verrous dans le cadre d’une procédure menée par la Brigade de recherches de Keur Massar.
15 cibles dans le viseur
L’enquête est loin d’être bouclée. Les enquêteurs de la DIC ont identifié au moins 15 personnes issues de milieux très aisés ayant eu des relations tarifées avec le mineur. Ces prédateurs de luxe, pensant s’offrir le silence par l’argent, sont désormais dans le collimateur de la justice.
Lundi prochain sera une journée décisive pour les premiers prévenus, qui seront fixés sur leur sort après leur retour de parquet. Une chose est sûre : le déballage ne fait que commencer.



